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Danemark CSR plastiques

Danemark : haro sur les importations de déchets

Posté par : Christine Lairy 26.05.2020

A l’heure où le ministère français de la Transition écologique et solidaire missionne à tout va pour avancer sur la mise en œuvre de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, le Danemark entend lui-aussi accélérer sa mue écologique.Il y a six mois, dans le cadre d’une nouvelle loi sur le climat, le pays s’est engagé à réduire, d’ici à 2030, ses émissions de dioxyde de carbone de 70 % par rapport aux niveaux de 1990. Il s’est également engagé à devenir neutre en carbone d’ici à 2050. « Le Danemark doit être un pays pionnier dans le domaine de l’écologie, c’est pourquoi nous conservons des ambitions climatiques élevées même en pleine crise historique », a déclaré récemment le ministre danois du Climat, Dan Jørgensen, en référence à la pandémie de Covid-19. Pour atteindre les objectifs fixés, le Danemark a élaboré une stratégie globale qui vise à abandonner progressivement l’usage des combustibles fossiles. Première étape : bâtir deux grands îlots de production d’énergie éolienne, d’une capacité totale de 4 GwH.

Trop d’incinération

Composée de six piliers, cette stratégie comprend également un volet déchets, qui prévoit d’améliorer le recyclage et de réduire les tonnages incinérés. « Il est délirant que le Danemark importe de grosses quantités de déchets. Nous devons inverser la tendance, de façon à ce que nous importions et que nous brûlions beaucoup moins de déchets, et que nous en recyclions bien davantage », a déclaré le ministre lors de la présentation de cette stratégie Climat, mercredi 20 mai.

« Nous brûlons beaucoup trop et nous recyclons trop peu », a répété comme un mantra la ministre de l’Environnement Lea Wermelin à la même occasion. « Aujourd’hui encore, il y a trop d’incinérateurs au Danemark, qui importent des déchets de l’étranger pour remplir leurs fours », ajoute-t-elle.

Le gouvernement danois a donné au secteur du déchet jusqu’à 2030 pour devenir neutre sur le plan climatique. Or, sans mesure particulière, les unités de valorisation énergétique (UVE) du pays devraient produire autour de 1,5 million de tonnes de CO2 à cet horizon, soit 4 % du total national.

Pour les autorités danoises, les déchets plastiques représentent une grande partie des émissions de CO2 : elles souhaitent donc que 80 % des plastiques sortent des flux de déchets résiduels et des matériaux traités dans les UVE. Selon les estimations les plus récentes, le Danemark incinère autour de 370.000 tonnes de déchets plastiques chaque année.

Pour Mme Wermelin, il faut également agir sur les CSR d’origine étrangère, car ceux-là contiendraient selon elle davantage de plastiques que ceux produits au Danemark, ce qui contribue à hausser les émissions de CO2 du pays.

Le Danemark n’est pas le seul pays d’Europe à vouloir décourager les importations de CSR : le 1er janvier dernier, les Pays-Bas ont fait entrer en application une loi instaurant une taxe d’une trentaine d’euros la tonne sur les importations de CSR destinés à l’incinération.