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Chine coronavirus industrie

Editorial : ex malo bonum

Posté par : Christophe Véron 10.02.2020

La crise sanitaire qui sévit actuellement en Chine suscite bien des commentaires qui sont autant d’informations à prendre avec les pincettes d’usage quand on connaît l’art développé par les Fils de l’Empire du Milieu quand il s’agit de communiquer dans le sens qui leur convient le mieux.

Les réseaux sociaux s’exclament ainsi devant la rapidité avec laquelle Pékin a fait construire un hôpital de 1.000 lits. D’autres y verront la preuve que le système médical chinois était dans l’incapacité structurelle d’accueillir un millier de malades en urgence. Pour un pays qui dépasse le milliard d’habitants, il y a effectivement de quoi s’étonner. On signale également que ce pays manque cruellement de masques, de gants… à tel point qu’il est obliger de se fournir en… France !

L’« usine du monde » se révèle ainsi bien fragile. La stupeur envahit les milieux économiques et politiques. Ceux-là mêmes qui se disent à longueur de colonnes et de discours « bien informés » et qui aujourd’hui découvrent l’ampleur du problème. Car problème il y a. Un problème de la taille d’un grain de sable, mais qui risque bien de gripper brutalement une industrie occidentale dopée à la doctrine du flux tendu.

Que la Chine arrête de produire pendant quelques semaines une ou deux pièces, ce sont des chaînes de production entières qui s’arrêtent partout dans le monde. Pour le moment, cette épée de Damoclès n’est pas encore tombée dans la mesure où nombre de services achats occidentaux ont stocké un peu en prévision des fêtes de Nouvel An chinois. Mais une fois les dragons de papier rangés jusqu’à l’année prochaine, ceux-là s’apercevront vite que le Dragon chinois reste alité. Quid alors de l’alimentation des chaînes de production ? D’aucuns anticipent ainsi un coup de frein très brutal, notamment dans la production automobile.

La leçon qui faudra alors tirer, c’est que l’« usine du monde » n’est pas totalement fiable. Celle-là même qui a ruiné l’industrie occidentale se révèle bien fragile. A cause du coronavirus, à cause d’un simple grain de sable, la Chine ne doit plus être considérée comme un fournisseur incontournable. Et ça, c’est une excellente nouvelle.

D’un mal peut donc sortir un bien. Ex malo bonum !