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Exportations de déchets vers la Chine : MSC arrête ses chargements

Posté par : Christophe Véron 11.06.2020

La nouvelle ne fera pas la une des grands média et pourtant elle est d’importance pour les professionnels du recyclage car elle marque un tournant dans l’histoire des échanges commerciaux : l’un des plus grands armateurs mondiaux refuse désormais la prise en charge de certains types de déchets à destination de la Chine, mais également de Hong Kong.

Mediterranean Shipping Company, plus connue sous l’acronyme MSC, a cessé ce mois-ci d’accepter des expéditions de déchets issus de fibres récupérées,  de plastiques, de métaux et autres produits chimiques récupérés à destination de la Chine. Les clients ont été avisés de cette décision qui s’applique depuis le 1er juin. MSC précise se conformer en cela à l’objectif fixés par les autorités chinoises qui vise à l’arrêt total des importations de déchets « solides ».

Aux Etats-Unis, l’Institut des industries de recyclage des déchets (ISRI) a vivement réagi à cette annonce, se disant « très préoccupée », et considérant que si la décision de l’armateur affecte aujourd’hui les expéditions vers la Chine, tout laisse à penser qu’elle pourrait s’étendre plus globalement à l’échelle de la planète. Cependant, à la connaissance de l’ISRI, aucune autre compagnie maritime n’a à ce jour adopté de position similaire.

Certains traders internationaux relativisent toutefois la décision. MSC a beau être la deuxième compagnie maritime au monde, cela fait plusieurs mois qu’elle a réduit ses chargements de déchets et autres MPS à destination de l’Empire du Milieu.

Sur ce type de chargement, beaucoup considèrent qu’elle n’est plus l’acteur majeur qu’elle était il y encore quelques années. En prenant cette décision, MSC devance l’arrêt des importations chinoises de déchets prévu pour l’an prochain et se met à l’abri de poursuites éventuelles. Pour mémoire, les autorités chinoises ont en effet prévu que les compagnies maritimes seraient conjointement responsables avec les importateurs qui passaient outre aux consignes de Pékin. Les compagnies pourraient ainsi se voir responsable à 100 % des frais de retour des marchandises refusées. Un risque que MSC ne veut manifestement pas assumer.