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Ferrailles / Europe : des situations très inégales

Posté par : Christine Lairy 22.04.2020

L’activité redémarre très lentement sur le marché sidérurgique italien. Certains fabricants de produits plats demeurent à l’arrêt, tandis que ceux des fabricants de produits longs qui ont repris tournent à capacité très réduite, ou se limitent à expédier des commandes.

Les rares aciéries ayant une activité de production sont revenues aux achats de ferrailles avec des offres à des niveaux en retrait de 30, voire 40 euros la tonne comparativement à mars — des offres qui sont le plus souvent loin de susciter l’intérêt des vendeurs. On parle de contrats conclus à 220-235 euros la tonne franco pour l’E8, ou moins. Pour les autres catégories, les prix annoncés font le grand écart : 220-230 euros franco pour l’E1, qui a parfois été lâchée à 190 euros, et 200-220 euros pour l’E3, que certains vendeurs auraient consenti à céder pour 175-180 euros.

Les volumes vendus sont toutefois décrits comme « exceptionnellement bas ». Du côté de l’offre, les tonnages entrant sur les chantiers italiens seraient dans certains cas  tombés à 5%-10% des niveaux habituels — cette part serait plus proche de 30% au Benelux, en France et en Espagne.

Dans les pays du Benelux, les prix des ferrailles se sont stabilisés après une période de fortes progressions — des progressions qui, à l’export, ont vu la valeur de la HMS 1&2 (80:20) passer de 180 à 195-200 euros la tonne à quai la semaine après Pâques. Certains des récupérateurs qui rechignaient à vendre à moins de 205 euros la tonne franco se sont ravisés depuis que les prix ont atteint un plateau à destination de la Turquie. Vendredi 17 avril, des ventes ont ainsi été confirmées à 195 euros la tonne franco à quai pour la HMS 1&2 (80:20), et à 210 euros pour la HMS 1.

Un professionnel note que « les entrées sur chantiers devraient augmenter car le gouvernement commence à assouplir certaines mesures prises pour lutter contre le coronavirus. Avec le redémarrage des opérations dans l’industrie automobile et la déconstruction, les ferrailles devraient circuler un peu plus librement ». Pas de quoi peser trop sur les prix, dans la mesure où la demande devrait elle-aussi repartir avec le redémarrage des aciéries européennes.