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La solidarité, nécessaire pour sortir de la crise par le haut

Posté par : Christine Lairy 21.04.2020

Chute de l’activité économique dérivée du confinement, effondrement du prix du pétrole… La situation est grave pour la filière du recyclage des plastiques en France. Tellement grave que les membres du SRP (industriels de la régénération des déchets plastiques) et ceux du SNEFID (entreprises de collecte, de tri et de valorisation des déchets) ont lancé un appel à la solidarité de tous les acteurs pour « une sortie de crise par le haut » de la filière. Car ils veulent s’accrocher à l’espoir que « le redémarrage industriel et économique » dans l’Hexagone ne se fera pas « au détriment de l’économie circulaire », comme l’a indiqué le Président Emmanuel Macron dans son discours du 13 avril dernier.

Soutenir l’incorporation de recyclé, voire la contraindre

Concrètement, les professionnels de la filière plastique demandent au gouvernement « de prendre toutes mesures incitatives favorisant les donneurs d’ordres du recyclé français », notamment en renforçant les bonus-malus sur l’incorporation de matières recyclées et en instaurant un taux minium d’incorporation obligatoire. « Il conviendra également, indique un communiqué conjoint du SRP et du SNEFID, de s’assurer du strict respect des engagements volontaires, dans le cadre de l’objectif du 100% plastique recyclé en 2025, en vérifiant que les acteurs, qui se sont publiquement engagés, respectent leurs taux d’incorporation de matières premières issues du recyclage (MPR) durant cette crise du Covid-19. »

Car la crainte est grande pour eux de voir certains acteurs « remettre en cause leurs engagements volontaires en profitant de cette crise pour remplacer les MPR par des résines vierges devenues moins chères » à cause de la chute du prix baril de brut, qui « entraîne mécaniquement une chute du prix des matières premières et tout particulièrement plusieurs résines vierges (en particulier PE, PET et PP) ».

En amont de la chaîne de valeur, les entreprises de recyclage et de valorisation des déchets ont « tout mis en œuvre pour maintenir les activités de collecte et de tri des déchets produits par les ménages et les professionnels, garantissant ainsi la continuité des services essentiels tout en préservant les chaînes d’alimentation d’autres industries », agroalimentaire et pharmaceutique notamment. Les industriels se félicitent par ailleurs « des annonces de reprise progressive de certains secteurs (automobile, BTP) qui permettront un redémarrage du flux amont de collecte, et ainsi davantage d’incorporation de matières plastiques recyclées ». Ils appellent enfin « les ménages et les entreprises à maintenir leurs gestes de tri (…) et appellent de leurs vœux une réouverture de déchetteries et de certains centres de tri afin de ne pas fragiliser » le secteur du recyclage et de la valorisation.

La capacité de tri continue de remonter

Au dernier pointage hebdomadaire effectué par l’éco-organisme Citeo, les choses continuent de s’améliorer du côté de la capacité de tri disponible dans l’Hexagone, avec une hausse de 6% entre le 7 et 15 avril, après celle de 7% enregistrée entre le 31 mars et le 7 avril.

Sur un parc de 176 centres de tri, le nombre de ceux arrêtés pour cause de travaux, indépendamment donc de la crise sanitaire, est resté inchangé (3). En une semaine, le nombre de ceux arrêtés du fait de la crise sanitaire est lui passé de 62 à 51 – c’était 76 le 31 mars. En règle générale, indique Citeo, ces arrêts sont liés « à la mise en sécurité du centre » qui, afin de limiter les risques d’incendie, s’emploie à vider le stock amont. 122 centres, représentant 69% du parc et 71% des capacités de traitement, poursuivent leur activité, dont 39 de façon réduite (c’était 27 au 7 avril, et 19 au 31 mars). Explication ? La diminution des quantités entrantes par suite d’arrêts de la collecte sélective sur certains territoires, mais aussi la baisse du débit de production induite par les règles de distanciation entre les salariés — des règles ayant nécessité de réduire le nombre de personnes travaillant sur les tapis de tri, avec parfois à la clé une adaptation de la composition des flux triés.