Retour
cours des métaux

GDE Sorret assurance

Philippe Sorret : de l'assurance au recyclage

Posté par : Martine Chartier 18.05.2020

Les trajectoires professionnelles conduisent parfois à négocier des virages qui, au premier abord, peuvent surprendre. Le parcours de Philippe Sorret fait partie de ces trajectoires qui peuvent dérouter, entre une formation d’ingénieur à Polytechnique et ParisTech, complétée d’un diplôme en actuariat, et une expérience professionnelle qui a basculé de l’assurance vers le recyclage. Le voici désormais directeur général de GDE.

La première partie de la carrière de Philippe Sorret est principalement axée sur l’assurance. Aux termes de ses études, il rejoint la compagnie Aviva où il travaille pendant vingt-cinq ans. « J’ai fait tous les métiers d’assureur jusqu’à la direction de la société pendant huit ans. » A la suite de quoi il prend la direction des filiales de Groupama et du courtier Gras Savoye.

Qu’est-ce qui conduit les pas de Philippe vers le recyclage ? Un homme, François Varagne, alors président de Gras Savoye, qui « a une belle carrière de dirigeant d’entreprises ayant fait l’objet de rachat par des fonds d’investissement ». Lorsqu’il est approché par le fonds HIG (ndlr, HIG Capital est un fonds d’investissement américain) qui s’intéressait à GDE, François Varagne « a souhaité constituer une équipe et comme nous avions bien travaillé ensemble, il m’a demandé si cela m’intéressait de partir dans cette nouvelle aventure, moi qui ne suis pas du sérail. Je me suis dit l’assurance, j’en ai bien fait le tour, pourquoi pas ! C’était l’occasion ou jamais de faire tout autre chose. »

Un vrai métier très complexe

En janvier 2017, Philippe Sorret prend donc les rênes opérationnelles de GDE. Il passe assez rapidement de l’immatériel, les assurances, au matériel : « On passe au très rustique et au très concret. Le seul point commun est la direction des hommes. Ce qui me plaît aujourd’hui comme ce qui me plaisait hier, c’est de faire avancer l’entreprise avec les hommes et les femmes qui la composent. Cela ne change pas ! Les profils ne sont pas les mêmes, néanmoins les ressorts humains sont les mêmes. Ce qui m’a plu effectivement, après une trentaine d’années de choses, certes utiles à la société mais moins concrètes, c’est la ‘plus-value’ concrète avec la matière, les transformations,  les investissements, les risques, une vie assez intense car c’est un vrai métier très complexe. Pour exploiter bien une entreprise comme la nôtre, il faut être sachant. J’ai la chance d’avoir d’excellents professionnels à la tête de la société. J’ai vite vu que Claude Dauphin avait réussi une chose fantastique : il avait racheté beaucoup de boîtes et avait gardé pour une large part, les dirigeants, et ce sont eux qui m’ont appris le métier. »

L’aventure humaine

GDE compte 70 sites répartis sur six régions et la plupart sont dirigés par les anciens responsables des entreprises. « Il est très agréable de fonctionner avec des professionnels tout en leur apportant peut-être, l’exigence sur la sécurité, la maîtrise de certaines choses, etc. On a trouvé une bonne combinaison où je ne vais certainement pas leur apprendre  leur métier mais, en revanche, faire en sorte que la maison soit solide dans un monde qui est complexe. »

Pour lui, l’aventure humaine est fantastique. Et pour ce faire, le terrain est primordial. « Mon fonctionnement est assez simple : le lundi, je suis au siège à Neuilly avec le président et le reste du temps, je dirige du terrain, je dirige sur les sites. Je rencontre les équipes, je vis sur le terrain ! »

Une découverte à laquelle se prête volontiers Philippe Sorret qui s’est progressivement penché sur les différentes opérations, depuis le pont bascule : « Si vous ne comprenez pas comment on réceptionne les matières, vous ne comprendrez pas comment la matière est valorisée. »

Soigner l’image du secteur

Le nouveau directeur général a personnellement pris en mains l’image du groupe GDE. « C’est un monde, regrette-t-il, qu’il est dommage de si peu connaître. Je déplore que Claude Dauphin n’ait rien fait pour donner une autre image à l’instar des autres acteurs du secteur. »

GDE a longtemps écorné son image par des pratiques que de nombreux professionnels dénonçaient. L’actuel dirigeant entend cultiver la transparence à la différence de ce qui se pratiquait autrefois. « Depuis trois ans, les règles au sein du groupe en termes d’éthique et de traçabilité, sont drastiques, et assorties de contrôles. Je souhaitais pouvoir apporter à GDE dans la durée la restauration de son image. Il fallait le faire modestement et très progressivement, et certainement pas par des campagnes de pub mais par la qualité de ce que l’on fait, juste par le fonctionnement solide et éthique de ce que nous faisons. »

Martine Chartier

* Le fils de Claude Dauphin, Guillaume, a vendu la moitié des parts du groupe au fonds d’investissement américain HIG Capital. La famille Dauphin n’a plus de pouvoir opérationnel dans le groupe.