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cours des métaux

Federec succession Carpentier

Qui pour succéder à JP Carpentier ?

Posté par : Christophe Véron 16.03.2020

Au début était la consigne. A la fin un champ de ruines ou, à tout le moins, quelque chose qui y ressemble. Car enfin, quel est le crime ? Avoir dénoncé une idée saugrenue : le retour de la consigne sur les bouteilles en plastique ? Une idée littéralement pondue par des technocrates à courte vue qui ont su convaincre une secrétaire d’Etat en mal de visibilité qui s’est empressée d’enfourcher ce cheval boiteux. Et celle-ci de se faire forte d’aller combattre les professionnels du recyclage qui avaient tôt fait de crier haro sur une telle initiative. Peu importe que ceux-là avaient raison, pour crime de lèse-majesté il fallait un bouc émissaire.

Très colère, notre secrétaire d’Etat trouva de précieux alliés dans les grands groupes de déchets accusés quelque temps plus tôt de profiter d’une pénurie d’exutoires pour faire flamber les tarifs d’enfouissement au grand dam des recycleurs bien obligés de passer sous leurs fourches caudines. Désavoué pour des propos sans doute maladroits, mais assez représentatifs du sentiment général, le désormais ancien président de Federec s’est retrouvé sous pression. Le fait est que lorsque l’on tire ses revenus essentiellement de marchés publics, on est en quelque sorte bien obligé d’écouter les membres du gouvernement. Et c’est ainsi que les grands groupes en question ont claqué la porte de Federec. « Que voulez vous, je ne peux pas me permettre de me fâcher avec mon ministre de tutelle », se serait même excusé le représentant de l’un d’entre eux il y a quelques semaines.

Et après ?

Reste maintenant à trouver un remplaçant à M. Carpentier. Il est évident que la personnalité de ce remplaçant illustrera ce que sera Federec pour les années à venir. Issu des ‘indépendants’, sans doute aura-t-il à cœur de rappeler que ses adhérents sont les premiers recycleurs de France, n’en déplaise aux grands groupes de services dont l’activité recyclage reste limitée. Dans le cas contraire, on aura jeté le bébé avec l’eau du bain et Federec aura du mal à rester la Fédération représentative de tout un secteur.

Reste donc à trouver un juste milieu entre des intérêts en apparence contradictoires. C’est dire que le prochain patron de Federec devra savoir manier une main de fer dans un gant de velours, afin de remettre les recycleurs au centre du débat… parce que leur place est là et pas ailleurs.