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Valdelia

Rendez-vous avec Arnaud Humbert-Droz, président exécutif de Valdelia

Posté par : Martine Chartier 21.09.2021 à 11h00

A la tête de l’éco-organisme Valdelia consacré aux déchets des éléments d’ameublement professionnels depuis sa création en 2012, Arnaud Humbert-Droz, ingénieur en génie industriel de l’environnement, vient du monde du recyclage, en particulier Derichebourg et Veolia. Un recycleur à la tête d’un éco-organisme ! 

Valdelia, son conseil d’administration et son président ont décidé de se porter candidats à l’agrément de la nouvelle filière REP dédiée aux produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment.

 

Les professionnels du recyclage craignent cette nouvelle réglementation et l’avènement d’une REP PCMB.

J’ai promis à mes anciens camarades de Federec de proposer un schéma alternatif aux éco-organismes qui existaient alors et que j’avais critiqués. Nous sommes complémentaires en apportant du recul dans cette profession de recycleur et des modalités de financement au regard de nos ambitions. La relation d’un opérateur avec un éco-organisme traverse une période difficile tous les trois ans car il s’agit de la période d’achat. Nous sommes des acheteurs qui aimons bien savoir ce que nous achetons, nous sommes donc plutôt rigoureux. Cette rigueur permet à la profession de progresser.

 

Mais pour ce qui concerne les déchets des produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment ?

Nous allons défendre la même logique. On ne peut pas vouloir créer une économie circulaire compétitive si l’on n’investit pas comme il faut. Nous maîtrisons parfaitement le paysage des matériaux, ce qui nous fait dire qu’il y a énormément de travail.

Nous ne montons pas un éco-organisme qui a pour objectif d’être low cost, mais de faire progresser les metteurs en marché sur l’éco-conception, l’intégration de matières premières secondaires etc., mais aussi de faire progresser, au travers de capacités d’investissement et d’orientations générales communes, la profession  de recycleur.

 

Les opérateurs craignent de devenir de simples prestataires d’un éco-organisme et d’être, à terme, dépossédés de la matière qu’ils collectent et traitent.

C’est le casus belli entre les éco-organismes et les professionnels. Je pense que ce n’est pas le bon débat. Le jeu qui s’est mis en place à un moment donné repose sur le fait que l’on faisait recette entre le prix qu’on achète et celui où l’on vend. Pour moi, un opérateur de traitement est celui qui va pouvoir prendre un produit et le décomposer en matières premières secondaires.

C’est le savoir-faire métier. Sur la propriété de la matière rien n’est joué, loin s’en faut. Aujourd’hui en tant que Valdelia nous voulons une transparence et une complète confiance dans ce que devient la matière. Nous demandons à nos opérateurs d’avoir un produit stable en quantité et en qualité, de n’avoir aucun doute sur la destination du produit pour son recyclage.

 

Des recycleurs de produits issus du BTP ont déjà élaboré des schémas économiques et financiers qui tiennent la route.

Je suis un recycleur, mon objectif n’est pas de réinventer la roue. Les entreprises existantes sont les premières que nous allons aller voir et avec lesquelles nous allons travailler. Si je gère bien mon éco-organisme, j’utilise les dispositifs existants et je les fais progresser. Ce qui est important, c’est la capacité de mes équipes à sourcer les bons opérateurs que je vais pouvoir accompagner dans un développement plus profond. Celui-ci passe par la capacité de paiement et l’assurance que les opérations vont être rémunérées. Nous sommes fiables puisque nous avons l’éco-contribution.

Nous faisons actuellement le tour de France des sujets que l’on ne maîtrise pas, par exemple le recyclage des PVC rigides. Je vais voir ce qu’ils font et comment je vais pouvoir les aider au travers de la contractualisation et de l’appel d’offres.

Il nous faudra nous assurer que les flux iront vers les bonnes installations de traitement et que cette matière restera sur le territoire national ou, à défaut, européen.

 

Comment voyez-vous s’organiser la partie recyclage de matériaux très divers ?

Nos prestataires sont déjà multi matériaux, d’aucuns expliquent que cela va être quelque chose d’énorme, 42 millions de tonnes, mais nos prestataires sont déjà dans cette logique. Nous nous sommes rendus compte que la modification du système prend énormément de temps. Le dispositif repose sur une stratégie à 5, 10 et 15 ans. Il nous faut déjà capter le gisement, pour monter des unités de recyclage, il va nous falloir centraliser. La taille de la filière fait que nous nous inscrivons dans un temps plus long que pour les autres. J’adore ce métier car c’est un métier de mineur en fait !

Ce qui me tient le plus à cœur est de maintenir la qualité de la relation humaine. Valdelia est le seul éco-organisme qui a un pôle production avec pour chaque détenteur, un contact humain pour chacune de ses collectes. Ça ne coûte pas plus cher, nous avons moins de dysfonctionnements et assurons la fidélisation des clients.

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