Retour
cours des métaux

Henriot déconstruction Derichebourg

Rendez-vous avec... Fabrice Henriot, PDG de Allo Casse Auto

Posté par : Martine Chartier 11.05.2020

Allo Casse Auto : le nom de l’entreprise est trompeur. Ici on ne casse plus, on recycle et on réutilise les pièces détachées. Basé à Athis-Mons, dans l’Essonne, le site principal couvre quelque 40.000 m² en bord de Seine. La société s’est éloignée de la ville pour s’installer sur une zone industrielle en 1983, « ce qui nous permet d’être encore là », précise son dirigeant Fabrice Henriot. Celui-ci occupe également la vice-présidence de la branche déconstruction automobile de Federec, qu’il a présidée lors de sa création avec Pascal Secula.

Le site d’Athis-Mons jouxte celui du groupe Derichebourg, actionnaire minoritaire du recycleur auto, doté d’une unité de broyage. Un second site de 9.000 m² sur la commune d’Etampes, dans le même département, est utilisé pour stocker les véhicules  accidentés en attente de la décision des compagnies d’assurance.

Patrick Henriot, alors ferrailleur, fonde cette société en 1969. Fabrice, son fils, prend la suite du père en 2001. « Nous sommes l’un des plus gros acteurs du marché car nous traitons quelque 25.000 véhicules par an soit un peu plus de 100 véhicules par jour. »

Allo Casse Auto était au début des années 90 une filiale de la CFF, (Compagnie Française des Ferrailles), et son objectif était de créer le premier centre européen de recyclage automobile à Saint-Pierre-de-Chandieu à côté de Lyon, avec le démontage des véhicules. « Nous avons eu des équipes d’ingénieurs Renault sur site pendant trois ans. Le projet a pris fin en 1995, le constructeur automobile considérait que le recyclage coûtait trop cher. Nous avions monté une usine avec des rails sur lesquels circulaient des chariots et des opérateurs qui démontaient les pièces. On pesait les éléments métalliques et plastiques pour amorcer le travail sur ce qui paraît évident aujourd’hui, la recyclabilité des véhicules et leur fin de vie. »

Après le changement de propriétaire en 1998 (de CFF au profit du groupe Derichebourg), Allo Casse Auto retrouve son autonomie. « Nous sommes partenaires aujourd’hui, les hommes ont changé et nous nous entendons bien. » L’entreprise est autonome lorsque Fabrice reprend les rênes en 2001. Elle compte quelque 87 collaborateurs se répartissant plus ou moins à parts égales entre l’exploitation, le commercial et le support. Si l’encadrement ne pose aucune difficulté pour le recrutement, note le dirigeant, il n’en va pas de même pour la partie technique (mécaniciens, magasiniers et chauffeurs). Une observation qui est commune à nombre de recycleurs.

Vente de pièces d’occasion

Allo Casse Auto a largement évolué vers la valorisation des différents éléments des véhicules au-delà de la seule carrosserie. Des ateliers de démontage ont permis la commercialisation des pièces détachées d’occasion. L’activité s’est étoffée avec la vente de pièces neuves car, explique Fabrice, « il est dommage de voir repartir les mains vides des clients venus chercher des pièces d’occasion que nous n’avons pas. L’atelier automobile a suivi pour la maintenance des véhicules ».

Fabrice Henriot travaille avec Re-source sur un projet de refonte des installations de dépollution qui datent de 1996. « Nous savons que nous ne polluons pas, poursuit-il, car nous sommes en bord de Seine et devons vérifier notre eau tous les trois mois. Nous avons installé un grand auvent de 1000 m² sous lequel seront dépollués jusqu’à une centaine de véhicules par jour. Ce sont les pointes que nous enregistrons lors des primes à la casse ou des primes de conversion. »

L’arrivée d’un éco-organisme

Au sein de Federec, le travail de Fabrice Henriot se focalise sur l’arrivée d’un éco-organisme pour une filière qui tourne déjà à 95% de taux de recyclage. « Nous travaillons sur la synthèse d’une position commune  pour nous rapprocher de la branche recycleurs du CNPA (professionnels de l’automobile). Il nous faut parvenir à mettre en place un éco-organisme intelligent (si cela existe). Cela génère beaucoup d’inquiétude et de stress. Nous étudions la directive européenne sur les VHU et tous les textes de loi sur lesquels nous travaillons avec la DGPR  (Direction Générale de la Prévention des Risques) et sur les évolutions du système d’immatriculation des véhicules. Les adhérents reçoivent des procès verbaux sur les véhicules détruits depuis deux ou trois ans. » Dépôts de plainte pour contestation, obligation de payer les amendes avant remboursement... l’une des pistes à l’étude serait de confier à l’éco-organisme la gestion administrative. « Cela nous libérerait de la propriété de la voiture. Nous réfléchissons toujours sur la lutte contre les chantiers sauvages, les carcasses qui circulent hors de France, tout cela est dans le projet d’éco-organisme et de refonte de la directive européenne. »