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Federec Petithuguenin gouvernance

Rendez vous avec... Jean-Luc Petithuguenin, président par intérim de Federec

Posté par : Martine Chartier 24.04.2020

Comme pour tout organisme vivant, le fonctionnement d’une fédération professionnelle est susceptible de connaître des soubresauts. C’est le cas ces derniers mois pour la fédération des entreprises du recyclage (Federec). Après la démission de son président Jean-Philippe Carpentier, Jean-Luc Petithuguenin, son vice-président, assure l’intérim jusqu’à l’élection de fin de mandat qui se déroulera en septembre prochain.

Profession Recycleur : comment Federec se réorganise-t-elle après le départ de Sita et Veolia ?

Veolia et Sita ont déclaré qu’ils quittaient Federec parce qu’ils ne se sentaient pas complètement à l’aise avec la gouvernance actuelle.

De leur côté, les groupes Derichebourg et GDE ont pesé de leur poids pour amener Jean-Philippe Carpentier à présenter sa démission de la présidence.

Compte tenu de cette situation, nous avons décidé d’engager le chantier de la gouvernance de Federec. Pascal Secula a accepté d’assurer la coordination de chantier au travers d’une commission ad hoc.

Le défi de Pascal Sécula et le défi de tous les adhérents et le défi auquel moi-même je suis confronté est de trouver quelque chose d’équilibré entre les PME, les ETI et les grands groupes, de façon à ce que tout le monde se retrouve représenté de façon juste.

Qu’est-ce que les groupes qui sont partis reprochaient à Federec ?

Le reproche qui était fait et auquel je n’adhère pas est qu’ils n’étaient pas suffisamment associés aux décisions prises par la fédération. Le niveau d’implication est différent selon les groupes.

Qui participe à la commission chargée de mener le chantier de la gouvernance ?

Cette commission se compose de tous les membres du conseil d’administration qui le souhaitent. Elle a d’ailleurs commencé à travailler, nous ne traînons pas ! Pour simplifier, la vie de Federec va se décider en partie autour de cette commission, réconcilier tout le monde pour que chacun se sente à l’aise dans cette maison commune.

Nous avons décidé d’avancer à marche forcée. Le chantier sera clôturé en juillet et le projet de nouvelle gouvernance sera présenté en septembre au conseil d’administration. Ce projet devra concerner le fonctionnement interne pour que les dérives que nous avons constatées chez Federec en région parisienne ne puissent plus se reproduire. Il abordera également les problématiques liées aux contrôles des comptes.

L’essentiel du travail de Pascal Secula est de trouver la bonne voie pour que tout le monde se sente représenté par cette fédération. Je suis moi-même adhérent depuis trente ans et je pense être en mesure de parler de ce qu’est une petite entreprise adhérente de Federec, une ETI adhérente et, désormais, une grande entreprise adhérente. J’ai passé tous ces stades, donc désormais mon objectif est que, quelle que soit la taille de l’entreprise, tout le monde se sente à l’aise à un moment où nous avons absolument besoin de la fédération. Suite à l’énorme coût économique que va représenter cette crise colossale, il va falloir se serrer les coudes, il va falloir trouver des relais avec le gouvernement, voir comment nous allons gérer le déconfinement, le plan de relance... c’est extrêmement important.

Serait-il souhaitable que Sita et Veolia rejoignent Federec ?

Personnellement je considère que oui même si certains pensent qu’ils ont un peu cassé la vaisselle en partant. Ils ont toute leur place chez Federec dans une gouvernance rénovée. Nous allons organiser une consultation large afin de trouver une solution.

L’autre point important concerne le CSF (comité stratégique de filière) dont Federec avait été écarté. Jean-Louis Chaussade, son président, a accepté que Federec revienne au comité selon le souhait de la fédération. Il reste à se positionner vis-à-vis de la CME (confédération des métiers de l’environnement) que nous avions quittée. Des divergences se font jour à ce sujet au sein de la fédération. Tout cela doit être tranché d’ici à la rentrée.

Je préférerais que nous soyons partie prenante d’une CME qui fonctionne. Des problèmes de cotisation doivent être réglés car elle était financée à parité par Fnade et Federec. Si les groupes qui nous ont quittés ne reviennent pas, peut-être sera-t-il possible de revoir notre cotisation comme la CME l’a fait pour le Snefid (syndicat national des entrepreneurs de la filière déchets, ndlr). Ce sont des questions que nous devrons régler avec le président de la CME Dominique Maguin ou son successeur.

Et pour la présidence de Federec ?

Pour Federec, l’étape importante est l’élection d’un nouveau président en septembre.

Si un consensus de la profession se dégage sur une personnalité représentative, de bonne qualité comme l’ont été Jean-Philippe Carpentier ou Pascal Secula, des représentants d’entreprises moyennes, je serais ravi de laisser ma place et de continuer à travailler avec Federec.

S’il n’y a pas d’autre candidat, si les gens pensent que j’ai fait du bon travail pendant mon intérim, ils auront la possibilité de m’élire. J’ai le défaut d’être à la tête d’un grand groupe, ce qui a le don de me faire sourire compte tenu de mon histoire. Le propriétaire de Paprec comme celui de Derichebourg, est à la tête de son affaire et n’a pas l’intention de la vendre mais de la transmettre à ses enfants. Nous ne sommes pas des managers qui avons été nommés, c’est la différence.

Depuis trente ans, la fédération s’est progressivement professionnalisée, a vu son audience s’accroître pour devenir un interlocuteur de référence. Il me semble que sous le mandat de Jean-Philippe Carpentier elle a vraiment changé de dimension en termes de communication. Le recyclage est un sujet important pour les cent prochaines années, il est indispensable d’avoir une fédération puissante qui représente la dimension industrielle de ce métier.