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Rendez-vous avec... Manuel Burnand, directeur général de Federec

Posté par : Martine Chartier 27.04.2021 à 10h30

Après une année 2020 qualifiée d’épuisante par Manuel Burnand — « nous étions sur tous les sujets de manière intensive » — 2021 semble également bien chargée pour la profession et l’équipe Federec. « Ce qui est plaisant c’est que la fédération soit modernisée et dynamisée », souligne-t-il, ce qui a favorisé la gestion de la crise sanitaire et la mise à niveau des outils.

Le coronavirus n’a pas entamé la dynamique de la profession, celle-ci s’est adaptée aux réalités de terrain, la fédération également. La période a été mise à profit pour enrichir les relations avec les pouvoirs publics avec des échanges que le directeur général de Federec juge constructifs dans la perspective de la sortie de crise et l’élaboration du plan de relance.

« La filière traitement des déchets a été très bien servie. L’argent a été fléché vers la modernisation des centres de tri et de recyclage, et  l’accélération de la filière CSR qui répond à la nécessité de réduire les volumes déposés en centres de stockage et qui est une vraie ressource pour les territoires. La filière bio déchets n’est pas si facile que cela à mettre en œuvre. Le plan prévoit des moyens importants sur l’incorporation des matières premières recyclées dans la production. »

 

Les éco-organismes

Autres motifs de satisfaction mis en avant par Manuel Burnand : « La loi de finances 2021 qui prévoit la baisse des impôts de production, la baisse des prélèvements sur les sociétés, le renforcement des fonds propres pour les TPE et PME, et enfin le renforcement du fonds de solidarité pour les entreprises. »

L’incorporation des matières recyclées relève également de l’incitation par les éco-organismes. Federec sera présente au sein des comités de parties : « Nous entrons dans une nouvelle phase de construction d’un avenir collectif avec les éco-organismes et les REP.  Ils vont avoir un rôle de plus en plus important dans les prochaines années non seulement sur le traitement des déchets mais également sur l’éco-conception. Les chiffres du comité stratégique des filières montrent qu’à l’horizon 2025 à peu près la moitié de l’activité de recyclage français sera couvert par les REP. Les effets seront très importants sur nos entreprises, la gestion des contrats, les rapports de force, etc. »

 

Craintes pour les exportations

Une petite ombre au tableau cependant : la France et l’Europe sont importateurs de produits manufacturés en provenance de l’Asie. Il s’agit de plus en plus de produire des matières premières de qualité pour l’industrie européenne. Une situation que le directeur général de Federec trouve quelque peu paradoxale. Très axée sur la ré-industrialisation du territoire, la Commission européenne va procéder à la révision de la réglementation sur les exportations de déchets. Une action de lobbying d’EuRIC (confédération européenne des industries du recyclage) suivra la proposition de la Commission attendue en juin prochain.

Manuel Burnand et les professionnels craignent une interdiction ou une limitation des exportations, et des répercussions sur les prix. « Niveler les prix des matières premières issues du recyclage engendre un nivellement des prix sur toute la chaîne qui en dépend y compris les collectivités locales déjà très tendues sur les équilibres. Elles sont à la croisée des chemins. Elles tentent d’équilibrer leurs comptes, elles voient arriver de nouvelles contraintes sur de nouvelles REP avec de très gros investissements à faire sur les déchetteries. »

Federec attend de connaître le périmètre des metteurs en marché pour la REP VHU et le cahier des charges de l’éco-organisme avec, en parallèle, la révision de la directive de 2000 sur les VHU. L’attente est également de mise pour le BTP.

 

Revisiter le modèle économique

Avec les trois nouvelles REP (articles de sport, bricolage et jouets), un nouveau modèle de déchetterie émerge avec une partie réemploi. L’arrivée de nouveaux produits comme les trottinettes ou les vélos à assistance électrique invite à revisiter les aspects sécurité incendie.

Les obligations de traçabilité et de monitoring s’étendent et « au milieu de tout ça se pose la question des standards, pointe le directeur général de Federec. Certains sont assez clairs, c’est le cas des papiers cartons et des ferrailles, c’est en cours pour les plastiques. Il reste les textiles dont les marchés sont très dépendants du Moyen-Orient et de l’Afrique et que la CE souhaite voir utiliser au maximum en Europe. Il faudra complètement revisiter le modèle économique et développer l’éco-conception ».

L’avenant sur le contrat du Comité Stratégique de Filière (CSF) signé par les partenaires industriels et les ministères de tutelle arrive à échéance fin 2021. « Les pouvoirs publics souhaitent le renforcer et l’élargir à de nouveaux sujets comme l’incorporation des matériaux autres que le plastique, la mise en place de la filière biodéchets, les métaux critiques. » Les pouvoirs publics souhaitent que les start up travaillant sur la thématique des déchets soient identifiées et que les entreprises adhérentes à Federec les parrainent et les accompagnent.

Nouveaux dispositifs, renforcement des réglementations, crise sanitaire… autant de contraintes qui invitent Federec à accroître ses moyens humains pour renforcer ses différents pôles. La fédération gère une douzaine de filières.

 

 

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