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Salon Pollutec 2021

La parenthèse enchantée

Posté par : Christine Lairy 19.10.2021 à 15h00

Un salon sous le soleil, avec une humeur le plus souvent au beau fixe, et des professionnels du recyclage et du déchet visiblement heureux de se (re)trouver, malgré les incertitudes et les difficultés : force est d’admettre que, cette année plus que les autres sans doute, le salon Pollutec aura constitué un moment de retrouvailles très apprécié après l’année 2020 que l’on sait.

La joie de ces retrouvailles n’a pas éclipsé les motifs d’inquiétude, loin s’en faut : au menu des discussions et des conférences, on a bien évidemment abordé les changements réglementaires à venir à plus ou moins brève échéance – pour les recycleurs, les points ‘chauds’ portent notamment sur la mise en place au 1er janvier 2022 de nouvelles filières REP, notamment celle sur les PMCB (42 millions de tonnes de déchets annoncées par Federec pour 2020, sur un total de 72,5 millions tous gisements confondus), ainsi que celle sur les VHU.

Autre source d’incertitude, et donc d’inquiétude potentielle : les projets de Bruxelles de limiter les exportations hors UE de matières premières issues du recyclage, qui mettent vent debout les vendeurs français de métaux, ferreux notamment.

Au-delà de ces incertitudes réglementaires, il y a bien évidemment des difficultés plus immédiates auxquelles sont directement ou indirectement confrontés les recycleurs : la flambée de l’énergie d’abord, qui accroît bien évidemment les coûts de fonctionnement de ces entreprises, mais surtout ceux de leurs clients ou de leurs fournisseurs industriels qui, de leur côté, sont également frappés par la hausse de prix des matières premières.

Ces hausses de coût ont d’ores-et-déjà des effets sur la production des industries, notamment celles qui consomment beaucoup d’énergie. En Europe, certaines aciéries auraient stoppé leur activité pendant les pics de consommation d’électricité. C'est le cas en France chez LME et dans plusieurs aciéries en Espagne.

Dans le secteur papetier, on s’interroge : à Golbey dans les Vosges, les dirigeants de Norske Skog par exemple se posent sérieusement la question de stopper l’une de leurs deux machines à papier. Eux sont touchés de plein fouet par l’envolée des coûts de l’énergie : Yves Bailly, PDG de l’entreprise, rappelle que, à 70 %, l’alimentation de l’usine en électricité se fait à des tarifs réglementés, c’est-à-dire qu’elle ne subit pas les à coups du marché. Mais pour les 30 % restants, c’est la folie furieuse. Comme si cela ne suffisait pas, les prix des papiers-cartons récupérés demeurent à des niveaux très élevés, les voisins allemands ne relâchant pas vraiment la pression aux achats.

Sur le segment des plastiques, la société de rotomoulage Plast’Up a vu, en six mois, augmenter de 40 % le prix auquel elle s’approvisionne en PEhD, passé de 1,2 à 1,9 euros le kilo. Une progression inquiétante pour cette PME fondée il y a 20 ans par Richard Dujardin et qui transforme autour de 300 tonnes de résine plastique chaque année, dont un tiers environ pour la fabrication de ses conteneurs à déchets. Pas de quoi pourtant pousser ce chef d’entreprise vers la matière première recyclée, qu’il juge encore trop chère comparativement à la matière vierge.

Quoi qu’il en soit, pour les recycleurs qui fabriquent de la matière première secondaire, ce contexte est a priori très favorable, avec des prix de vente aujourd’hui très confortables. Lors de la présentation des chiffres 2020 du recyclage, la fédération a d’ailleurs annoncé que 2021 pourrait être une année ‘record’.

La situation n’est toutefois pas sans présenter certains risques : le principal est lié à l’arrêt ou, au moins, au ralentissement de la consommation aval, qui induirait une baisse des ventes de matières premières issues du recyclage (MPR) et, possiblement comme c’est souvent le cas lorsque les volumes reculent, une baisse des prix de vente.

Fondé ou pas, ce risque ne semble toutefois pas entamer trop le moral des recycleurs, ceux spécialisés dans les métaux (ferreux et non ferreux) en tous cas.

 

Grues : des commandes à tour de bras

Dans leurs chantiers, les investissements en équipements vont en effet bon train : chez le fabricant de grues Seram par exemple, on enchaîne les salons internationaux… et les commandes, au point que l’on se demande comment vont suivre les équipes de production.

Fortes d’une bonne cinquantaine de personnes, ces équipes de production devraient s’étoffer rapidement afin d’absorber les nouvelles demandes d’équipements. Pour asseoir son développement, l’entreprise de Perpignan a d’ailleurs engagé à Rivesaltes la construction d’un nouveau site qui hébergera un atelier de production et un entrepôt. Le chantier est entré dans la troisième tranche de travaux, précise Delphine Rondeaux, assistante export en charge du marketing et de la communication qui, après l’Espagne début octobre, faisait escale à Lyon pour Pollutec avant de terminer sa tournée 2021 en Italie, au Mexique et en Russie.

Chez Tomra, qui commercialise notamment des solutions de tri pour le recyclage, on mise également beaucoup sur le secteur des métaux : pour doper cette activité, en janvier dernier, le groupe norvégien a ainsi promu l’Ecossais mais néanmoins très francophile Damian Barnes à la tête de la branche Métal France de l’entreprise. Basée à Salon-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône, cette branche de Tomra compte une vingtaine de personnes, dont 10 au SAV (installation, adaptation, maintenance des équipements), trois/quatre au commercial, autant à l’administration. Objectifs de ces équipes : doper les ventes d’équipements permettant d’affiner les flux de déchets métalliques, ferreux ou non. Ét permettre aux recycleurs de créer toujours plus de valeur...

 

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