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Tess Pozzi : de la fédération à l'entreprise

Posté par : Martine Chartier 11.03.2020

C’est aux nouveaux profils qui la rejoignent que l’on mesure l’évolution d’une profession. L’industrie du recyclage n’échappe pas à la règle. Ainsi Tess Pozzi fait-elle partie de ces jeunes gens venus d’horizons divers qui apportent du sang neuf à ce secteur.

Après une formation littéraire, trois années d’hypokhâgne/khâgne, Tess Pozzi se spécialise en  géographie de l’environnement à la Sorbonne. Ses études lui font découvrir l’indispensable concertation avec les acteurs dans le cadre des projets environnementaux. « Il faut comprendre les besoins des différentes parties prenantes sur les territoires pour que les projets aient un sens. »

Le recyclage est venu se faufiler parmi les sciences humaines un peu par hasard. Pour autant, c’est un sujet qui intéresse vivement la citoyenne Tess. Une offre d’emploi publiée par Federec retient son attention car elle correspond à ses compétences : rédaction des notes de position, concertation, animation de débats… Sa candidature est retenue et elle intègre la fédération professionnelle en 2014.

La toute nouvelle chargée de mission va suivre les sujets métaux, VHU et DEEE en lieu et place de Damien Rohmer, parti chez Derichebourg.

« Je ne savais pas vraiment dans quoi je m’embarquais. Je ne connaissais pas la ferraille et je ne savais pas que j’allais me retrouver dans un milieu hyper masculin. »

Qu’à cela ne tienne, la jeune femme découvre un milieu qu’elle trouve particulièrement intéressant, où subsistent encore de nombreuses entreprises familiales. C’est précisément vers l’une d’entre elles qu’elle se dirige lorsque, après cinq années passées chez Federec, elle souhaite rejoindre une entreprise. Le 18 mars 2019, Tess fait son entrée au sein du  groupe Derichebourg en qualité de chargée des relations institutionnelles et de développement du marché des DEEE. Le 18 mars, journée mondiale du recyclage, on ne saurait choisir date plus symbolique !

« J’avais envie d’avoir des intérêts très clairs à défendre, d’être plus dans l’opérationnel. Je suis beaucoup sur les sites. » La nouvelle recrue travaille en binôme avec la personne chargée du marché des DEEE sur les nouveaux projets, les relations avec les éco-organismes et l’éco-conception. 

Sur ce dernier point, le rôle pivot de l’éco-organisme lui apparaît essentiel. « Le service éco-conception d’Ecosystem, par exemple, a édité l’année dernière un guide qui vise à lutter contre les préjugés sur les plastiques recyclés en présentant des fabricants qui utilisent des matériaux recyclés pour la fabrication de leurs appareils. »

Acteurs de la sensibilisation

Tess Pozzi préside par ailleurs le groupe de travail DEEE au sein de la fédération européenne du recyclage EuRIC. « Je suis toute la partie normalisation européenne, la directive DEEE va prochainement être révisée. »

De réglementation, il est encore question pour la filière VHU (véhicules hors d’usage) et la révision de la directive, la création d’une REP et l’organisation qui va suivre, éco-organismes ou autre.

Depuis quelques mois, les députés proches des sites de la société et de ses filiales sont conviés à découvrir le recyclage. De même, les producteurs sollicitent les recycleurs pour étudier avec leurs équipes environnement et R&D comment intégrer dans leur process des matériaux recyclés. « Nous savons que cela va prendre du temps, mais nous essayons d’être acteurs de la sensibilisation des fabricants. »

Avec d’autres collègues, Tess se préoccupe de la stratégie du groupe dans les différentes filières. « L’essentiel pour nous, précise-t-elle, est d’améliorer la recyclabilité des produits, mais également de favoriser le développement des débouchés pour nos matières issues du recyclage. Nous savons d’ores-et-déjà que dans la loi sur l’économie circulaire, un article complété par des décrets d’application va définir quels seront les produits concernés par des taux d’incorporation minimum de matières recyclées. Les pouvoirs publics s’appuient sur les éco-organismes pour développer cet axe au moyen des éco modulations. »

Au vu de la limitation des possibilités d’exportation de certaines matières vers la Chine, la société Derichebourg repense et enrichit les phases de traitement des matériaux. « Du fait de son actionnariat familial, remarque Tess, le groupe est en mesure de prendre très rapidement ses décisions et de développer des projets. Il est particulièrement intéressant de travailler dans cette ambiance ! »