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Allemagne fret ferroviaire

Allemagne : DB Cargo investit, le monde de la ferraille applaudit

Posté par : Christine Lairy 19.06.2020

Après des années de lobbying, il semble que le travail engagé par la fédération allemande du recyclage (BVSE) ait porté ses fruits. Enfin, diront certains. De quoi parle-t-on ? Du virage stratégique que vient d’annoncer la société de fret ferroviaire allemande DB Cargo, qui devrait permettre de contribuer à réduire le bilan carbone des professionnels des ferrailles outre-Rhin.

Focalisée ces dernières années sur l’optimisation de ses coûts, l’entreprise en partie publique entend aujourd’hui investir dans son développement : selon sa patronne, Sigrid Nikutta, DB Cargo prévoit notamment de recruter et de croître sur le segment des wagons isolés (90 % du trafic de ferrailles assuré par Fret SNCF en France).

Des projets très bien accueillis par l’association allemande du recyclage, la BVSE, car « près d’un tiers des tonnages de ferrailles négociés en Allemagne sont livrés par chemin de fer. Ce qui signifie que l’industrie des ferrailles est très dépendante de l’efficacité du fret ferroviaire ».

Or, jusqu’à présent, les relations entre l’industrie du recyclage et DB Cargo étaient « compliquées », selon la BVSE : « Nous devons transporter des tonnages importants de façon rapide et sécurisée, aussi la disponibilité en wagons et la présence d’embranchements opérationnels constituent-ils des prérequis importants », détaille Eric Roebuck, directeur général de la BVSE. « Or ces deux éléments font défaut, et cette défaillance a été mal gérée par DB Cargo pendant des années », ajoute-t-il.

Une petite révolution

Développer le segment des wagons isolés, « c’est rendre service aux entreprises de taille moyenne n’ayant pas suffisamment de volumes à traiter pour réserver des trains entiers », note la BVSE, pour qui « ce changement de stratégie a causé une vraie surprise dans l’industrie du recyclage, car DB Cargo n’a jamais vraiment rendu les choses faciles aux entreprises de taille moyenne ». Or ces dernières constituent le gros des troupes dans le secteur des ferrailles.

Du côté de DB Cargo, on précise que l’on « veut compenser l’absence d’embranchements ferroviaires en proposant de charger sur des camions, l’objectif étant de rassembler les cargaisons en gares de triage pour les mettre ensuite sur les rails ».

Birgit Guschall-Jaik, experte en logistique à la BVSE, note cependant  que, pour rattraper le retard accumulé ces dernières années, DB Cargo va devoir investir urgemment dans les infrastructures et les nouveaux wagons. Elle alerte aussi sur le risque que fait peser le repositionnement de DB Cargo sur les opérateurs privés : « Nous avons besoin de DB Cargo, mais aussi des entreprises ferroviaires privées. »