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cours des métaux

Léko Citeo ESS

Une alternative pour les emballages

Posté par : Martine Chartier 29.06.2020

« Nous voulons créer un éco-organisme de nouvelle génération. »

Léko, c’est reparti ! Agréé en 2017 pour la filière emballages, l’organisme n’était pas parvenu à prendre son envol dans la foulée. Il est relancé aujourd’hui autour d’un nouveau président, Laurent Berthuel, et de Patrick Bariol, directeur du développement.

Laurent Berthuel est directeur général de la société Printerre, une entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS) qui emploie en majorité des personnes en situation de handicap. Elle collecte, trie, reconditionne et vend des cartouches de toner destinées aux imprimantes, reconditionne du matériel informatique et collecte des DEEE. Laurent a la conviction qu’un nouvel organisme sur les emballages doit avoir sur le marché une place différente de celle occupée par Citeo, et doit être un acteur un peu plus orienté vers l’économie circulaire et l’ESS.

« Après avoir étudié le projet, me voilà invité par Patrick Bariol sur le projet Léko et sa présidence », indique-t-il. « J’ai relevé le défi il y a un an, précise Patrick, quittant Ecologic pour rejoindre l’équipe de Léko et plus largement Valorie, filiale française du groupe Reclay, éco-organisme allemand. Les deux entités sont également des cabinets de consultants autour des questions de responsabilité élargie du producteur. »

La source de la mission

L’une des premières missions du directeur du développement a été de constituer un nouveau conseil d’administration. « Nous avons revu le positionnement et réuni des entreprises* qui, par leurs activités, ont une action en faveur de l’économie circulaire, Printerre en est un exemple. L’ambition n’est pas de faire un copier/coller de Citeo. L’organisme historique a 25 ans, il a réalisé plein de belles choses pour développer cette filière de collecte et de  recyclage des emballages. Nous sommes une toute petite équipe, ils sont 250. Le but n’est pas de rentrer dans une concurrence frontale. Nous ne sommes pas sur un marché commercial classique. Il est indispensable que la France atteigne ses objectifs en termes d’économie circulaire, en particulier le taux de 75 % de recyclage des emballages ménagers. Nous stagnons à quelque 70 %. »

Au-delà de l’objectif des 75 % de recyclage qu’il souhaite atteindre d’ici à 2022, Léko entend revenir à la source de la mission d’un éco-organisme, avant d’être percepteur des contributions. Par delà la collecte et le recyclage, priorité sera donnée à la prévention des déchets, en particulier à la conception des emballages dès l’amont afin qu’ils soient recyclables et réutilisables.

Pour l’accueil des éco-contributeurs, Patrick Bariol se réfère à l’étude réalisée dès l’origine auprès d’un grand nombre de metteurs en marché et de syndicats professionnels. Environ 20 % d’entre eux avaient répondu vouloir que se crée une concurrence sur ce marché-là. « Nous allons, poursuit-il, accueillir les producteurs qui souhaitent simplifier les démarches. Le fait que cette filière soit devenue un monopole a alourdi les procédures pour les metteurs en marché, en particulier pour les déclarations. Il y a des sources de simplification et d’économie. »

Economie circulaire et ESS

De son côté, Laurent Berthuel aspire à faire bouger les choses autour de l’économie circulaire et de l’économie sociale et solidaire. « Je vais tout faire pour, assure-t-il, c’est pourquoi j’ai accepté d’assurer la présidence. Tous les acteurs autour de la table sont engagés dans une nouvelle économie, ils ont à cœur d’aller vers le recyclage et l’éco-conception. Le projet global me plaît ! »

Les acteurs de l’ESS sont de plus en plus présents sur des métiers et un secteur qui avaient été très subventionnés, « aujourd’hui nous allons vers un modèle qui a une rentabilité, qui suit des objectifs et qui aide à créer de plus en plus d’emplois dans ce secteur. Il faut savoir que plus de 50 % des personnes handicapées sont au chômage ».

Avec son conseil d’administration formé fin mars dernier, et la mise à jour de l’agrément transmis au ministère de l’Ecologie, il reste désormais à Léko à se déployer sur le terrain.

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* Le conseil d’administration se compose de Lexmark qui recycle ses cartouches d’impression depuis très longtemps et œuvre à la durabilité de ses imprimantes ; Olover (destockage de produits IT neufs et reconditionnés) ; Living Packets (packaging réutilisable et connecté) ; Club Maté (engagé dans la relance de la consigne des bouteilles en France) ; Recommerce (revente et reconditionnement de smartphones) ; Valorie (cabinet d’expertise REP, filiale de Reclay group).