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cours des métaux

définition recycleur intrant

Qui sont les recycleurs ?

Plus qu'une question de sémantique

Posté par : Christophe Véron 31.05.2021 à 15h00

Depuis quelque temps déjà, le Landerneau du recyclage s’est enrichi d’un débat d’importance  : qui sont les recycleurs ? Pour certains, le débat n’a pas lieu d’être, il est tranché : les recycleurs, ce sont les transformateurs directs — comprendre les industries de la métallurgie, du papier ou du plastique qui intègrent ce qu’elles considèrent comme des déchets dans leur processus de fabrication. On se veut bien souvent tout aussi catégorique du côté des récupérateurs, où l’on clame haut et fort : « Les recycleurs, c’est nous ! »

A l’heure où la révision par Bruxelles de la directive européenne sur les déchets fait s’élever la voix des lobbys au risque de semer la confusion sur les grands enjeux du recyclage, il est tout à fait essentiel de s’entendre sur les termes.

Afin de tenter d’y voir clair, prenons pour point de départ ce que dit le dictionnaire. Le Larousse est clair : « Recycleur, recycleuse : personne, entreprise responsable de la collecte, du traitement et de la valorisation des matériaux réutilisables. »

Qu’il nous soit permis de rappeler un évidence. Le recycleur est celui qui recycle. Re-cycle, c’est-à-dire qui remet dans le cycle…

Décortiquons donc ce que dit le Larousse. Pour être recycleur il faut primo : collecter, c’est-à-dire récupérer les déchets sortis du circuit d’usage ; deuxio : traiter, c’est-à-dire réaliser un certain nombre d’opérations qui permettent de séparer les matières valorisables de celles qui ne le sont pas ; tertio : valoriser, c’est-à-dire tirer la quintessence des matières de sorte qu’elles ne soient plus assimilables à un déchet, mais puissent accéder au rang d’intrants directement utilisables par un industriel de la transformation aux fins d’élaboration d’un demi-produit. Ces derniers sont bien au début du cycle, mais dans la mesure où ils n’ont ni collecté, ni traité, ni valorisé les intrants qu’ils utilisent, ils ne peuvent être considérés comme recycleurs.

Toutefois, tous les récupérateurs ne sont pas ‘totalement’ des recycleurs. Ainsi, celui qui récupère du carter aluminium et le déferre pour préparer une qualité directement enfournable par l’affineur pour fabriquer un lingot est bien un recycleur. En revanche, celui qui collecte du câble, même s’il opère un tri séparant plusieurs qualités, n’est pas recycleur. C’est le grenailleur qui bénéficiera de ce statut car c’est lui qui produit la grenaille qui peut alors obtenir le statut d’intrant industriel. Pour faire court, le recycleur est celui qui est capable de fournir un intrant conforme au cahier des charges d’un industriel puisqu’il réintroduit dans le cycle un produit qui en était sorti. Ca, l’industriel ne sait pas le faire et ne peut par conséquent pas être considéré comme re-cycleur. De ce qui précède on peut donc conclure que la qualité de re-cycleur est attachée autant au déchet transformé en intrant, qu’à la capacité de l’entreprise à réaliser cette opération ou pas.

C’est donc le produit livré qui définit le recycleur. On sera donc un recycleur d’aluminium quand on livre du carter propre, mais pas un recycleur de cuivre quand on livre du câble. Enfin, il est important de considérer que le recycleur livre à l’industriel un intrant, c’est-à-dire un produit normé, spécifique, qui engage la responsabilité de son producteur. Cet intrant n’est dès lors plus assimilable à un déchet.

N’en déplaise à ceux qui se targueraient un peu vite du statut enviable de recycleur.

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